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Ce que cache un taux journalier trop bas

Un TJM à 180 euros n'est pas une bonne affaire, c'est un transfert de coût. Où va la différence, et comment comparer deux offres qui ne sont pas comparables.

· 4 min de lecture · AzerOps

Vous recevez cinq propositions. Les taux journaliers vont de 180 à 480 euros pour un intitulé de poste identique. La tentation est de conclure que certains sont trop chers. La réalité est que les cinq ne vendent pas la même chose, et que le taux le plus bas déplace simplement le coût ailleurs.

Où va la différence

La séniorité réelle. Un intitulé « développeur senior » ne veut rien dire sans définition. Demandez le nombre d'années d'expérience professionnelle, pas de « pratique du langage », et exigez de rencontrer la personne avant signature. Un profil de deux ans facturé comme senior est le mécanisme le plus courant d'un taux bas.

Le taux de rotation. À taux bas, le prestataire ne peut pas fidéliser. Un remplacement en cours de mission vous coûte entre trois et six semaines de montée en compétence, que vous payez au même tarif. Deux remplacements sur une mission d'un an annulent l'intégralité de l'économie apparente.

La charge de pilotage. Un prestataire à bas coût livre souvent sans revue de code interne, sans documentation, et sans product owner côté prestataire. Ces tâches ne disparaissent pas : elles atterrissent sur votre équipe. Un ingénieur interne à 600 euros la journée qui passe deux heures par jour à relire du code externe coûte 150 euros par jour et par profil supervisé. La comparaison change.

La conformité. Produire un DPA conforme, remplir un questionnaire sécurité, tenir un registre des accès : cela demande une personne dédiée. Les structures qui pratiquent les taux les plus bas ne l'ont pas, et vous vous en apercevez au moment où votre DPO bloque le contrat.

Le calcul à faire

Comparez sur le coût complet d'un livrable, pas sur le taux journalier. La formule la plus utile est :

Coût réel = (TJM × jours facturés) + (coût interne de supervision) + (coût des remplacements) + (coût du retard éventuel)

Sur une mission d'un an avec deux profils, un écart de taux de 30 % s'efface entièrement dès qu'un remplacement se produit et que deux heures quotidiennes de supervision interne sont nécessaires.

Ce qu'un taux élevé ne garantit pas

Symétriquement, un taux élevé ne prouve rien. Une ESN parisienne à 750 euros la journée peut vous affecter un profil junior encadré à distance, et la structure de coût qui justifie son taux — locaux, force commerciale, marge de groupe — ne vous apporte rien.

Le taux n'est un indicateur utile que rapporté à des engagements écrits.

Les cinq questions qui discriminent réellement

  1. Combien de personnes seront formées sur notre dossier, nommément ?
  2. Quel est le délai contractuel de remplacement d'un profil qui ne convient pas, et qui paie les jours de montée en compétence du remplaçant ?
  3. Qui assure la revue de code avant que nous voyions le travail ?
  4. Pouvez-vous fournir un DPA et un questionnaire sécurité rempli avant la première réunion technique ?
  5. Que contient exactement votre reporting hebdomadaire ? Montrez-en un, anonymisé.

Les réponses à ces cinq questions expliquent l'écart de taux bien mieux que le taux lui-même. Un prestataire qui répond précisément aux cinq et facture 30 % de plus qu'un autre qui n'en tient aucune est, en coût complet, le moins cher des deux.

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